11mars 2011 : juste après le tsunami, la vague se retire montrant les dégâts à la centrale de Fukushima Daiichi (vidéo hélicoptère)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Ces derniers mois, les ouvriers ont fait un travail considérable sur l'unité 4 pour préparer la construction de la nouvelle structure permettant
de décharger le combustible de la piscine. Tepco a édité quelques images en haute résolution de ce bâtiment réacteur lors d’une conférence de presse récente. Simply Info vient de mettre en page
ces photos dont on peut tirer quelques nouveaux détails.
Voici ces images en basse résolution. Pour les avoir en meilleure résolution, merci d’aller sur la page source de Simply Info.
Détails du mur sud de l’unité 4
Niveau technique vu du bas (angle sud-oust) : on aperçoit le couvercle de la cuve du réacteur, sur lequel est posé le sécheur de vapeur.
Couvercle de la cuve du réacteur, sur lequel est posé le sécheur de vapeur.
Vue de l'intérieur des panneaux de mur en béton armé à l'unité 4 (Paroi supérieure Est).
Deux lampes parmi les poutres métalliques tordues.
Gros plan du couvercle de la cuve du réacteur 4
Vue de l’engin robotisé permettant le démontage de la toiture de l’unité 4. Un plateau a été construit au dessus du réacteur vide pour pouvoir installer cette machine.
Pilier au dessus du pont de ravitaillement de l'unité 4. Il présente une fissure horizontale.
Il devra être retiré dans le cadre de la déconstruction de l'étage supérieur du bâtiment.
On peut également trouver d’autres images et albums sur la centrale de Fukushima Daiichi sur la page Flirk de Simply Info, très bien documentée.
.
Sur Fukushima Diary, deux photos à voir aussi de la face est (côté mer) : beaucoup de dégâts de ce côté-là aussi, même en dessous du niveau technique.
.
.
« Nous avons besoin de la musique, de la poésie et de l’art qui pourraient nous montrer un point de vue possible ainsi qu’une façon
dont on aborde la réalité. »
Peu de temps après la catastrophe de Fukushima, un collectif d’artistes japonais s’est réuni autour de la figure de Otomo Yoshihide, originaire de cette ville, pour tenter de remettre de la vie là où il n’y avait plus que poison et angoisse. Un projet est rapidement né, Project Fukushima!, véritable appel à la création qui a donné lieu à un festival, situé à Fukushima même, et à une série d’événements à travers le monde (Londres, New York, Bangkok, Séoul, Singapore, Paris…).
A la suite de ce festival, webSYNradio a souhaité rester à la disposition du projet Fukushima! et continuer à « agir » avec un nouveau projet pour 2012 : « Et pendant ce temps là, à Fukushima…» (Meanwhile, in Fukushima…)
Pour réaliser ce nouveau projet, Dominique Balaÿ s’est rendu à Fukushima du 15 au 30 mai 2012 pour enregistrer les sons de la vie « normale » et accompagner
les différentes initiatives lancées par le collectif Fukushima! en vue de faire vivre leur engagement et leur manifeste, notamment à travers l’organisation du prochain festival qui aura lieu
durant l’été 2012.
Avec les sons collectés et organisés en bibliothèque « open sounds », une invitation a été lancée à des artistes pour se confronter à cette matière et cette
thématique, et tenter, à travers les œuvres créées, de jeter une ligne de vie entre là-bas et ici.
Avec ce projet de création sonore, il s’agit pour Dominique Balaÿ de rester fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans
leur manifeste : ni dénonciation militante, ni simple rapport des faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et les populations
touchées par la catastrophe nucléaire.
Voici, par l’intermédiaire du voyageur D. Balaÿ, quelques nouvelles fraîches de Fukushima :
A quelques exceptions notables près (chantiers de reconstruction et décontamination, présence de stations de mesure atmosphérique dans les lieux publics, moins d'enfants dans les rues, discussions centrées sur l’urgence de la situation, nombreuses initiatives locales, etc.), la vie est normale dans la ville de Fukushima.
Côte de Minamisoma, 25 mai 2012 (image Youdou Takeushi), dans le fond on aperçoit la toute nouvelle ligne construite par Tepco
qui envoie de l'électricité produite par géothermie jusqu'à la centrale de Fukushima-daichi
Les quelques mesures que Dominique Balaÿ a pu faire confirment des valeurs élevées de radioactivité. La plupart des gens qu’il a pu rencontrer ne croient plus du tout aux cartes établies par le gouvernement, c’est pourquoi la « carte mentale » des zones contaminées qu'ils se sont créés démarre plutôt à la sortie de la ville ou les quartiers périphériques, comme Watari. Dans ce quartier, 50% des enfants ont pu être évacués.
La grande ville de Fukushima est équivalente en population à la 5 ou la 6ème plus grande ville française. « S'ils envisagent un voyage en dehors de la ville, les gens peuvent aller jusqu'à louer une voiture pour ne pas contaminer leur propre voiture, celle où ils transportent habituellement leurs enfants. Mais là on touche à des structures mentales très profondes : la ville, c'est le lieu où on se réunit pour se protéger, et éventuellement prospérer ensemble, comment pourrions nous y être en danger plus qu'ailleurs ou autant qu'ailleurs ? »
« Il y a de çà je pense, plus le fait, confirmé par l'ensemble des personnes rencontrées d'un intense stress qu'ils ne peuvent plus supporter (un an et demi c'est très long ...) et qui les pousse à ranger le dosimètre dans le tiroir de la cuisine, et à faire comme si. C'est d'ailleurs l'un des axes de communication du gouvernement : "le stress occasionne plus de dégât que l’évènement lui même". »
Kika-zaru : singe sourd + Iwa-zaru : singe muet + mi-zaru : singe aveugle, stationnant sur le bulletin édité par Kohei à l'attention des personnes d’un camp de réfugiés
« Zone grise, substance noirâtre, multiples strates d'informations : les japonais ont une histoire que je viens de découvrir avec 3 singes, le singe qui ne voit pas, le singe qui n'entend pas et le singe qui ne parle pas. Ce qu'il y a d'important dans cette histoire, c'est qu'il s'agit de trois singes différents et pourtant indissociables, des compères. On peut avoir une connaissance d'un évènement ou d'un fait scientifique, historique et ne pas agir en fonction de ce fait et de cette connaissance : c'est un peu l'impression que j'ai ici ... on peut avoir des yeux et ne pas pouvoir parler, un cerveau et ne pas pouvoir agir ... étrange impression. C'est vraiment la "zone grise", grey zone. Comme dans le Stalker de Tarkowski, le passage est là tout proche, tout le temps là, et pourtant il semble impossible à atteindre, comment se guider dans un tel brouillard ? Jusqu'à quel point compter sur les autres (la presse, les politiques, les médias, les scientifiques, le voisinage, etc.) ? Oui difficile de se guider même à plusieurs, surtout à plusieurs. La science, ou disons la véracité des faits, devrait pouvoir éclairer, au mieux cela agace (comme une rage de dents peut agacer), au pire cela est répulsif (cachez ce dosimètre que je ne saurai voir ...). D'où cela peut il venir alors ? De par ma formation et mes aspirations, j'ai tendance à penser que l'art, la musique, la poésie sont une voie de connaissance possible. Pour tous, je ne sais pas, pour certains sans doute. »
C'est l'une des bases du projet que mène Otomo Yoshihide et le festival qu'il organise du 15 au 26 août prochain à Fukushima. Dominique Balaÿ est allé à leur rencontre. Il en ramène aujourd’hui des images et des sons. A suivre !
Village de réfugiés du nucléaire
---------------------------------
En savoir plus
Open sounds : Des sons enregistrés/capturés au Japon, en France, sur les réseaux …
Une présentation de ce projet sur France Culture dans l’émission de Thomas Baumgartner, l’Atelier du son (2èmepartie).
Et pendant ce temps-là, à Fukushima sur webSYNradio
Qui est Dominique Balaÿ ?
Né en 1968 à Maisons Laffitte, Dominique Balaÿ vit à Nîmes et travaille dans l’industrie du web, chargé de cours à l’université de Nîmes, créateur de webSYNradio,
membre du comité de rédaction de la revue Droit de Cités.
Ayant contribué à diverses revues littéraires et artistiques (Ralentir Travaux, Le Mâche Laurier, Variable, Autre Sud…), il a également publié Intérim, aux éditions JCB en 1998 et Le
mal est fait, aux éditions Rafael de Surtis en 2000.
Dominique Balaÿ anime aussi la revue de création Numérique Nîmes Sources Adultes. En 2009, il lance le projet webSYNradio à l’invitation de la revue Droit de Cités. WebSYNradio propose des interventions inédites de personnalités (artistes, intellectuels, chercheurs, écrivains …), la plupart reconnues sur la scène internationale.
En 2010, en prolongement du projet webSYNradio, il participe à la création de MACROSILLONS, sculpture sonore et collaborative présentée dans différents contextes (galerie, musée).
Avril 2011, diffusion sur France Musique, de la pièce sonore Dans la brèche (Jacques-Marie Bernard, Salvatore Puglia & Dominique Balaÿ).
Juillet 2011, participation au projet Fukushima!
(Source)
.
C’est la plus grande confusion dans les médias. Jeudi 24 mai 2012, on pouvait lire ces deux titres contradictoires :
Japon - Les fuites radioactives de Fukushima plus fortes qu’annoncé (Reuters)
Après Fukushima, des niveaux de radiation très faibles au Japon (Le Monde)
Le premier article se base sur la dernière estimation de Tepco, le deuxième sur un rapport préliminaire de l’OMS…
Depuis 14 mois, c’est la valse des chiffres !
Voici par exemple quelques estimations données au fil du temps pour le césium 137 (données en PBq, c’est-à-dire en millions de milliards de becquerels) :
- 8 juin 2011, estimation de la NISA : 15 PBq
- 9 mars 2012, estimation de l’IRSN : 21 PBq
- 3 avril 2012, estimation d’un groupe de scientifiques étatsuniens et japonais : 63 PBq
- 24 mai 2012, estimation de Tepco : 10 PBq pour le relâchement aérien du 12 au 31 mars 2011 et 3,6 PBq pour le relâchement marin du 26 mars au 30 septembre 2011
- 24 mai 2012, autre source, the Daily Yomiuri : 360 PBq ! erreur de journaliste ? (1)
Dans ce cas… ça serait 5 fois plus que le césium relâché par Tchernobyl en 1986 !
En savoir plus sur la désinformation ambiante avec les articles
- de Gen4 : Césium-137 et Fukushima : à la recherche de l'erreur
- de l’AIPRI : Plus dure sera la chute
- de Russia Today : Cesium-137 contamination: Fukushima amounts to four Chernobyls
(1) Copie de l’article en ligne :
TEPCO estimate sees more radiation than NISA's
The Yomiuri Shimbun
Tokyo Electric Power Co. has estimated the total amount of radioactive substances discharged from its Fukushima No. 1 nuclear power plant measured 760,000 terabecquerels, 1.6 times the estimate released by the Economy, Trade and Industry Ministry's Nuclear and Industrial Safety Agency in February.
One terabecquerel is equal to 1 trillion becquerels.
TEPCO will include the estimate in a final report to be compiled by an in-house accident investigation committee in June. The firm has also begun explaining how it arrived at the figure to local governments in Fukushima Prefecture.
There are two ways to estimate the amount of discharged radioactive substances. One way is to base calculations on the degree of damage to the reactor core. The other is to reverse calculate based on the density of radioactive substances found in the atmosphere and seawater. As a result, there will be differences in estimates depending on how the figures were obtained.
NISA released an estimate of 770,000 terabecquerels in June last year, and another estimate of 480,000 terabecquerels in February. The Cabinet Office's Nuclear Safety Commission released an estimate of 570,000 terabecquerels in August last year.
TEPCO combined the two methods and repeated its calculations under different conditions. It reached a final estimate of 400,000 terabecquerels of iodine-131 and 360,000 terabecquerels of cesium-137.
The amount of radioactive substances discharged in the Chernobyl accident in 1986 was 5.2 million terabecquerels.
"As there wasn't enough available data immediately after the disaster, estimates can differ substantially if conditions change, even just a little," said Prof. Hideo Yamazaki at Kinki University, an expert in environmental analysis. "The discharged amount of radioactive substances increased, but the figure is within the assumed margin of error. There will be no problems in continuing decontamination work and other measures."
(May. 24, 2012)
Nombre de visiteurs uniques depuis le 2 avril 2011
Nombre de connectés
Articles du blog de Fukushima les plus commentés
Derniers commentaires