Vivant à Tokyo, je dénonce ce gouvernement irresponsable
par Bigorneau
26 juillet 2011, Rue89
Plus de quatre mois après le séisme de magnitude 9 et l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, la situation n'est pas maîtrisée, et elle apparaît même bien pire que prévu (certains
experts l'annoncent pire que Tchernobyl). Je vis à Tokyo, depuis près d'un an, et la gestion de la catastrophe par le gouvernement japonais me révolte. Mais, comme la majorité des Japonais que
je connais, je ne dis rien, parce que ça fait trop peur de penser à ça tous les jours. C'est plus simple quand on ne sait pas. Cependant, un soir, j'ai vu cette vidéo. Je suis écœurée, c'est la
goutte d'eau qui fait déborder le vase.
(…)
A Fukushima, le gouvernement japonais assassine sa population…
Une vidéo mise en ligne par la population de Fukushima jette un pavé dans la marre. Alors que la contamination radioactive n’a jamais cessé, le gouvernement refuse d’aider les parents à mettre
leurs enfants à l’abri. Pire encore, les mesures prises pour contrôler l’information et préserver la ligne officielle visent à contraindre les habitants à rester chez eux. Un comportement
délibéré qui pourrait bien être caractérisé de crime…
(…)
(1) Merci à Hervé, du groupe Fukushima informations pour la
traduction française, et à TheGuillaumes pour avoir inséré le sous-titrage en français dans la vidéo. Pour avoir le texte complet des dialogues, se reporter au bas de cette
page.
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Pour s’informer sur les dernières actualités concernant la catastrophe de Fukushima et ses conséquences, voici une sélection
de quelques articles intéressants parus ces dernières semaines. Désormais, vous pourrez retrouver cette page actualisée d’articles référencés dans le menu « archives » du blog de
Fukushima.
Fukushima: quelle est la situation de la centrale?
par Cécile Dumas
4 mois et demi après l’accident, provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars, que se passe-t-il à la centrale de Fukushima-Daiichi ? Le point sur une situation toujours très critique.
(…)
Le METI avait prévu le pire : le Melt-through
par Trifouillac
23 juillet 2011, Gen4
Le Ministère de l'Industrie Japonais avait prévu le type d'accident rencontré à Fukushima : La perte des systèmes de refroidissement, la création du corium et le percement des 2 cuves par ce
dernier. Le réacteur concerné est un GE Mk1 similaire à l'unité 1 de Fukushima Daiichi.
(…)
Kotoé a vécu Fukushima comme un tremblement intérieur
entretien avec Kotoé Makino, artiste et danseuse japonaise.
22 juillet 2011, Ouest-France
Née à Tokyo, cette Japonaise de 34 ans est arrivée en Bretagne il y a trois ans et s'est établie à Peumerit-Quintin depuis un an. Cinq mois après la catastrophe de Fukushima, elle raconte
comment elle a vécu, à distance, ces événements.
(…)
Pendant les travaux, la contamination continue
par François Leclerc, économiste
21 juillet 2011, blog de Paul Jorion
Le typhon Ma-On, qui menaçait la centrale sinistrée de Fukushima, l’a finalement épargnée pour aller se perdre dans l’océan. Comme lors de l’épisode précédent, des mesures de fortune avaient
été prises par Tepco, l’opérateur, n’empêchant pas le niveau de l’eau contaminée de dangereusement monter dans les sous-sols en raison des pluies diluviennes.
(…)
La ruine et le désespoir des éleveurs de Fukushima
nouvelle AFP
20 juillet 2011, Le Point
"De nombreuses vaches sont mortes après l'accident nucléaire car les éleveurs n'ont pu les nourrir. Maintenant, c'est à notre tour de mourir de faim." Le paysan Masami Yoshizawa est désespéré
par l'interdiction du boeuf de Fukushima, qui le prive de son gagne-pain. Comme les autres éleveurs de cette préfecture du nord-est du Japon, Yoshizawa a vu sa vie basculer le 11 mars à cause
de l'accident à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, inondée par un tsunami géant consécutif à un séisme sans précédent.
Le plongeon de l’uranium n’aura pas lieu
par Camille-Yihua Chen
19 juillet 2011, L’édito matières premières and Co
La peur du nucléaire couvait sous la braise ; la catastrophe de Fukushima l’a ravivée.
Au milieu d’un concert de protestations contre l’atome civil, l’uranium — minerai indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires — a vu son élan haussier se briser net. De 61,35 $ la
livre le 24 mars, le cours du yellowcake (poudre d’uranium) est retombé le 24 juin à 54,25 $ la livre. Une chute de plus 13% en trois mois.
(…)
Japon: nouvelle crise autour du bœuf contaminé par la radioactivité
par Cécile Dumas
19 juillet 2011, Sciences et Avenir
Plusieurs centaines de têtes de bétail contaminées par la consommation de fourrage radioactif ont été vendues au Japon. Une crise dont l'ampleur s'accroît de jour en jour. Au Japon, le nombre
de têtes de bétail commercialisées contaminées par du césium se monte à 578 entre la fin mars et le début juillet, selon les informations de la chaîne japonaise NHK. Après les légumes, le lait,
le thé, les produits de la mer et les champignons shiitaké, c’est au tour du bœuf d’alimenter les craintes sanitaires des Japonais suite à l’accident de la centrale nucléaire de
Fukushima-Daiichi.
(…)
Après Fukushima : une extension massive de l'industrie nucléaire mondiale se prépare
par William Whitlow
16 juillet 2011, World Socialist Web Site
Un rapport de l'Economist Intelligence Unit [le service de recherche et d'analyses du journal The Economist, ndt] prédit une croissance massive sur toute la planète de la production d'énergie
nucléaire au cours de la décennie à venir. La prise en compte du désastre de Fukushima, considéré maintenant comme le pire accident industriel de l'histoire, devrait être minime.
(…)
Enfin l’ère postnucléaire
par Ulrick Beck, sociologue, philosophe
(traduction : Olivier Mannoni)
9 juillet 2011, Le Monde
Ce qui suit présente certaines des recommandations d'experts ayant servi de base à la politique d'Angela Merkel, qui prévoit la mise en place d'alternatives au nucléaire d'ici à 2021.
L'Allemagne pourrait montrer qu'une sortie de l'énergie nucléaire est une opportunité de créer une économie de pointe.
(…)
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Traduction française de la vidéo:
« Les autorités japonaises face à la colère des habitants de
Fukushima »
Le 19 Juillet à Korahi, ville de Fukushima, les gens face à Akira Sato, directeur du
Département des urgences nucléaires locales :
Ne pensez-vous pas que les gens de Fukushima, comme les autres gens, ont le droit de s'échapper pour ne pas être exposés à la radioactivité ?
A.S. Le gouvernement essaye de réduire le taux d'exposition autant que possible.
Vous ne répondez pas à sa question!
Comme cela, vous dites qu'ils n'auraient pas ce droit? Ils ont bien ce droit, n'est-ce pas?
A.S. Je ne sais pas s’ils ont ce droit.
Quoi? Alors vous aussi vous n'en avez pas le droit !
Alors vous aussi, vous-même vous pensez que vous n'avez pas le droit de vivre une vie en bonne santé ?
Réponds-moi !
Vous pensez que les gens de Fukushima n'ont pas des Droits de l'Homme ?
Vous voulez dire qu'il existe une différence de standard d'exposition à la radioactivité pour la préfecture de Fukushima et pour les autres préfectures ?
A.S. Ce que je dis c'est que le gouvernement a essayé de réduire autant que possible le taux d'exposition.
Vous n'avez pas répondu à sa question !
Le gouvernement applique un standard différent pour les gens de Fukushima, c'est ça ?
A.S. J'ai déjà dit tout ce que je peux dire.
Quoi ?
Il y a des gens à Fukushima qui veulent évacuer. Prenez la responsabilité de les évacuer s'il vous plait.
Veuillez nous donner une réponse, un commentaire de votre part.
S'il vous plait répondez !
Assez de temps de réflexion, répondez-nous!
A.S. Bien, vous êtes libres d'évacuer à vos propres risques.
Si les gens vivent dans un endroit en toute sécurité, le gouvernement leur demande de
rester.
C'est maintenant un cas d'urgence, n'est-ce-pas?
La ville de Fukushima est sans danger?
Même dans le bloc communiste le gouvernement russe a évacué rapidement la population du Belarus pendant l'accident de Tchernobyl !
Pourquoi sur la terre, le Japon, une nation libre, ne peut-il pas faire la même chose pour nous?
Même l'Union Soviétique l'a fait pour leur peuple !
L'Union Soviétique a évacué 240 000 enfants en deux semaines !
Qu'est-que le gouvernement a foutu pendant les derniers quatre mois ?
Vous devriez avoir honte !
Qu'est-ce que vous venez en fait faire ici ?
Vous voulons que vous fassiez examiner l'urine de nos enfants très rapidement !
Et nous voudrions que vous nous informiez plus tard qui fera ces analyses et comment elles seront réalisées.
S'il vous plait, emportez cette urine avec vous.
Akira Sato et les autres officiels se lèvent, sortent précipitamment comme s'enfuyant...
– Ils sont terrribles...
C'est si absurde...
Testez cette urine !
Qu'est-ce que vous pensez que vous faites?
Testez cette urine!
Pourquoi refusez-vous?
Qu'est-ce que vous pensez que vous êtes en train de faire?
S'il vous plait, ne vous enfuyez pas!
S'il vous plait emportez cette urine avec vous!
A.S. Ce n’est pas notre travail.
Nous voudrions que vous l'ameniez au gouvernement central !
A.S. Ce n'est pas du tout notre travail.
Qu'est-ce que vous voulez dire par cela ?
Vous ne pensez pas que vous devriez emporter cette urine avec vous ?
Ils l'ont apportée pour vous aujourd'hui comme ils l'avaient promis !
Ils l'ont apportée pour vous aujourd'hui !
Pourquoi ?
Vous aviez dit auparavant que s’ils vous apportaient les urines vous les feriez analyser ! Vous n'avez pas dit cela ?
S'il vous plait emportez ces urines avec vous !
Arrêtez !
S'il vous plait ne vous enfuyez pas !
Vous ne devriez pas vous enfuir ainsi !
S'il vous plait communiquez avec nous ainsi que les gens peuvent le faire!
Qu'est-ce que vous pensez que vous faites ?
Vous pensez que les bureaucrates à Tokyo sont plus importants que les gens à Fukushima ?
Je vous en supplie, s'il vous plait !
A.S. Nous ne pouvons pas en décider.
Pourquoi cela ?
Vous n'avez pas d'enfants ?
Même vidéo mise en ligne par Kna, avec un sous-titrage uniquement en français :
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Mise à jour du mercredi 17 août 2011
A la suite de la diffusion par Liberation.fr d'une vidéo sur une réunion d'habitants de
Fukushima, l'ambassade du Japon a souhaité apporter des précisions concernant l'action du gouvernement japonais sur place.
source : http://www.liberation.fr/c/01012354630-c
« Monsieur le Rédacteur en chef
Après la lecture de l’article et le visionnage de la vidéo (http://www.liberation.fr/terre/06013968-a-fukushima-les-habitants-veulent-des-reponses) que vous avez publiés sur votre site internet en date du 27 juillet 2011 sous le titre « A Fukushima, les habitants veulent des réponses
», il m’a semblé que ces derniers pouvaient induire vos lecteurs en erreur sur les mesures prises par les autorités japonaises pour rétablir la situation. Permettez-moi donc d’apporter
des précisions quant à la situation actuelle au Japon.
Il est évident que le public doit être informé de la situation dans les zones sinistrées par différentes sources. Mais il est
tout aussi essentiel d’appréhender correctement les actions menées sur place afin d’éviter tout risque de malentendu. C’est pourquoi je souhaiterais que cette lettre puisse être publiée
sur votre site internet.
Le gouvernement japonais consacre actuellement tous ses efforts pour venir en aide aux populations réfugiées du département de
Fukushima, pour les prévenir des risques possibles d’irradiation et pour veiller à leur bonne santé. Nous sommes loin de la situation décrite dans la vidéo sous-titrée en anglais
intitulée «Japanese government killing its own people in Fukushima» que vous présentez sur votre site.
En outre, cette même vidéo montre des habitants demandant aux autorités locales que les zones où ils résident soient comprises
dans les zones d’évacuation. Concernant l’établissement des zones d’évacuation, la situation sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi n’étant pas complètement rétablie,
les autorités japonaises continuent à l’heure où nous parlons de désigner des zones d’évacuation planifiée et préparée en adoptant les normes formulées par l’ICPR (CIPR) pour la
protection des populations en cas de situations d’urgence nucléaire.
Le gouvernement appelle également les gens résidant hors des zones d’exclusion à évacuer volontairement leurs logements s’ils
estiment ce choix préférable. Ces personnes bénéficient de toutes les aides fournies par l’État, comme l’attribution de logements temporaires (y compris des locations privées) tel que
fixée par la Loi de Secours en cas de Catastrophes naturelles (« Disaster Relief Act »).
D’autre part, on peut également voir sur cette vidéo un représentant officiel refuser la demande de personnes présentes de
tester des échantillons d’urine de leurs enfants. Permettez-moi tout d’abord de préciser que l’officiel présent était un responsable du bureau local de gestion des situations d’urgence
nucléaire et que son refus était dicté par l’impossibilité physique d’effectuer directement sur place les tests demandés.
Je souhaiterais également insister sur le fait que les autorités du département de Fukushima ont mis en place une campagne de
contrôle médical auprès de l’ensemble des personnes résidant dans la préfecture de Fukushima depuis le 11 mars 2011, afin de dissiper leur crainte, garantir leur bonne santé et préserver
leur confiance. En fonction des résultats obtenus lors de l’examen médical de base comprenant un questionnaire médical, des tests d’urine et des analyses plus poussées seront effectués
sur les habitants en présentant la nécessité.
Enfin, concernant la vidéo que vous présentez dans votre article comme étant disponible sur le site «Time Out Tokyo» et
montrant une mère critiquant l’environnement à risques dans lequel évolue ses enfants, les mesures du niveau d’exposition aux radiations des enfants et des femmes enceintes feront partie
intégrante des examens effectués durant les campagnes de contrôle citées précédemment. Des études préliminaires sont d’ailleurs d’ores et déjà menées dans certaines zones. En outre, les
membres du gouvernement prennent des mesures destinées à réduire les taux de radiations dans les espaces de vie enfantine. Plus concrètement, le gouvernement apporte son soutien financier
aux mesures anti-radiation prises par les responsables dans les cours des écoles affichant des taux de radiation ambiante supérieurs à 1 mSv/h, ainsi que par les collectivités locales
dans les parcs et le long des chemins d’écoles.
Malgré tout, le gouvernement japonais fait aujourd’hui son possible pour aider les populations sinistrées, les prémunir des
risques d’exposition aux radiations et veiller à leur bon état de santé. Nous espérons pouvoir compter sur votre collaboration pour en informer vos lecteurs.
Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, mes salutations distinguées.
Fumio SHIMIZU
Directeur du Service Culturel et d’Information de l'ambassade du Japon à Paris »
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